Toutes les questions qu'on peut se poser sur les règles, avec des réponses simples. Que tes règles viennent d'arriver ou que tu les connaisses par cœur.
Remboursement, culottes menstruelles, cup, précarité menstruelle, santé menstruelle… Retrouve ici des vidéos courtes et un guide complet, à ton rythme.
Comment marche ton cycle, ce qui est normal ou pas, et 6 idées reçues à tester.
Les règles, c'est quoi exactement ?
Chaque mois, l'utérus prépare un nid : sa paroi intérieure, l'endomètre, s'épaissit au cas où un ovule serait fécondé. S'il n'y a pas de grossesse, ce nid n'a plus d'utilité. Il se détache et s'évacue par le vagin : ce sont les règles.
Ce n'est donc pas une « perte de sang » comme une blessure. C'est un tissu qui se renouvelle, mélangé à du sang. Voilà pourquoi la couleur peut varier du rouge vif au brun foncé selon les jours, le sang plus foncé est simplement resté un peu plus longtemps avant de sortir. C'est normal.
Les chiffres utiles
Durée des règles : 3 à 7 jours en général.
Durée d'un cycle : compté du 1er jour des règles au jour d'avant les règles suivantes. En moyenne 28 jours, mais tout est normal entre 21 et 35 jours chez l'adulte, et jusqu'à 45 jours dans les premières années.
Volume total : 30 à 80 ml sur toutes les règles, soit l'équivalent de 2 à 5 cuillères à soupe. Ça paraît toujours énorme sur le moment, ça ne l'est pas.
Le repère à retenir
Le jour 1 de ton cycle, c'est le premier jour de saignement franc (pas les petites traces marron de la veille). Si tu ne notes qu'une seule chose dans ta vie, c'est celle-là : c'est la donnée qui permet de tout prédire ensuite.
Les 4 phases de ton cycle
Ton cycle n'est pas un interrupteur « règles / pas règles ». C'est une vague hormonale en quatre temps, et chaque temps a son énergie, son humeur, son appétit. Fais tourner l'anneau ou choisis une phase :
Exemple sur 28 jours, le tien peut être plus court ou plus long.
Phase menstruelle : le grand nettoyage
Les hormones sont au plus bas. Tu saignes, tu es souvent fatiguée, tu as peut-être des crampes.
Ce que tu peux ressentir : fatigue, crampes dans le bas-ventre ou le dos, envie de rester tranquille, besoin de dormir plus.
Ce qui aide : chaleur sur le ventre (bouillotte), boire de l'eau, marcher ou s'étirer doucement, ne pas culpabiliser de lever le pied.
Côté organisation : évite si tu peux de placer un oral ou une compétition sur J1-J2. Quand c'est possible, c'est un vrai confort.
Phase folliculaire : la remontée
Les œstrogènes remontent. C'est souvent la meilleure période du mois.
Ce que tu peux ressentir : énergie qui revient, peau plus nette, meilleure concentration, humeur plus stable, envie de sortir.
Ce qui aide : profites-en. C'est le bon moment pour les révisions intenses, le sport soutenu, les projets qui demandent du jus.
Côté organisation : place ici ce qui te demande le plus d'effort mental.
Ovulation : le pic
Un ovule est libéré. La fenêtre de fertilité s'ouvre (environ 6 jours autour de l'ovulation, l'ovule ne vivant que 12 à 24 h mais les spermatozoïdes jusqu'à 5 jours).
Ce que tu peux ressentir : pic d'énergie et de confiance, glaire cervicale plus abondante et transparente (comme du blanc d'œuf), parfois une petite douleur d'un seul côté du bas-ventre.
À savoir : si tu as des rapports sexuels, c'est la période la plus fertile du cycle. Une contraception reste nécessaire à tout moment du cycle : l'ovulation peut se décaler.
Côté organisation : excellent moment pour les oraux, les entretiens, les prises de parole.
Phase lutéale : la descente
La progestérone monte puis chute. C'est la phase du fameux SPM (syndrome prémenstruel).
Ce que tu peux ressentir : ballonnements, seins sensibles, fringales, irritabilité, larmes faciles, boutons, sommeil moins bon, surtout les 5 à 7 derniers jours.
Ce qui aide : sucres lents plutôt que sucres rapides, magnésium via l'alimentation (amandes, chocolat noir, légumes verts), sommeil régulier, activité douce, et surtout : savoir que ça vient. Ce n'est pas toi qui « pètes un câble », c'est ton taux d'hormones.
Côté organisation : allège l'agenda si tu peux. Prévois du repos.
Pourquoi c'est utile de le savoir
Quand tu sais que ton irritabilité de mardi est hormonale et qu'elle passera vendredi, tu arrêtes de te dire que tu es « trop sensible » ou « nulle ». Tu remets les choses à leur place. C'est exactement pour ça que le suivi de cycle existe : pas pour surveiller, pour comprendre.
Normal ou pas normal ?
La grosse difficulté quand on commence, c'est qu'on n'a aucun point de comparaison. Voici les repères.
Complètement normal
Des cycles irréguliers les 2-3 premières années. L'ovulation se met en place progressivement. Un cycle de 24 jours puis de 40 jours, ça arrive.
Sauter un mois de temps en temps la première année.
Des pertes blanches (leucorrhées) entre les règles : c'est le signe que le vagin s'auto-nettoie. Elles changent de texture selon la phase.
Des crampes légères à modérées les premiers jours, qui passent avec une bouillotte ou un antidouleur classique.
Des boutons, des envies alimentaires, une humeur en dents de scie avant les règles.
À faire vérifier par un médecin
Prends rendez-vous si…
Tes douleurs t'empêchent d'aller en cours, de dormir, de bouger, ou qu'un antidouleur classique ne suffit pas. Des douleurs qui bloquent la vie ne sont jamais « normales pour une fille ». Elles peuvent signaler une endométriose, et le retard moyen de diagnostic en France reste de plusieurs années, souvent parce qu'on a dit aux jeunes filles d'attendre.
Tu changes de protection toutes les 1 à 2 heures parce qu'elle est saturée, ou tes règles durent plus de 7-8 jours (risque d'anémie).
Tu n'as pas eu tes premières règles à 16 ans, ou pas de signe de puberté à 14 ans.
Tes règles s'arrêtent plus de 3 mois alors qu'elles étaient installées.
Cycles longs (plus de 45 jours), pilosité inhabituelle, acné sévère : ça peut évoquer un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), fréquent et qui se prend en charge.
Douleurs pendant les rapports, ou saignements en dehors des règles.
Qui consulter : ton médecin généraliste (il peut tout à fait gérer ça), une sage-femme, un gynécologue, ou un centre de santé sexuelle : ces centres sont gratuits, sans rendez-vous parfois, et confidentiels même si tu es mineure.
Si tu es au collège ou au lycée
L'infirmerie scolaire est une porte d'entrée facile : on y trouve des protections en urgence, quelqu'un à qui parler et une aide pour enclencher un rendez-vous médical. Parler à un adulte de confiance (un parent, un proche, l'infirmière) accélère toujours les choses.
Si tu es étudiante ou que tu travailles
À la fac ou en école, le service de santé étudiante de ton établissement propose des consultations gratuites, souvent avec une sage-femme ou un médecin, et parfois des protections gratuites. Au travail, si tes règles t'empêchent régulièrement de tenir ta journée, tu peux en parler au médecin du travail : c'est confidentiel, et il peut proposer des aménagements.
6 idées reçues à jeter
Vrai ou faux ? Réponds, puis regarde.
1. On ne peut pas tomber enceinte pendant ses règles.
Faux. C'est peu probable, mais pas impossible : les spermatozoïdes survivent jusqu'à 5 jours et une ovulation précoce (cycle court) peut tomber juste après les règles. Aucun jour du cycle n'est « sans risque » sans contraception.
2. Utiliser un tampon fait perdre sa virginité.
Faux. L'hymen est une membrane souple et naturellement ouverte, sinon le sang ne pourrait pas sortir. La virginité est une notion sociale, pas un état anatomique vérifiable.
3. Un cycle qui ne fait pas 28 jours est anormal.
Faux. 28 jours est une moyenne, pas une norme. Entre 21 et 35 jours c'est normal chez l'adulte, et jusqu'à 45 jours dans les premières années après les premières règles.
4. On ne doit pas faire de sport ni se laver les cheveux pendant ses règles.
Faux. Aucune base médicale. Sport, douche, bain, natation : tout est possible. Le sport peut même réduire les douleurs.
5. Il faut nettoyer l'intérieur du vagin pour être propre.
Faux. Le vagin se nettoie tout seul. Les douches vaginales détruisent la flore protectrice et favorisent les infections. On lave uniquement l'extérieur (la vulve), à l'eau ou avec un savon doux au pH neutre.
6. Des règles qui font manquer les cours méritent une consultation.
Vrai. C'est le signal le plus important de toute cette page. Une douleur qui empêche de vivre normalement doit être explorée, pas endurée.
Serviette, tampon, coupe ou culotte : ce qu'il faut savoir pour choisir, bien l'utiliser et vivre ta journée tranquille.
Quelle protection choisir ?
Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Il y a ce qui te convient, à toi, à ce moment-là. Beaucoup de personnes combinent plusieurs solutions selon les jours et les situations.
Jetable
Serviette
Simple, aucune insertion, parfaite pour débuter. À changer toutes les 4 à 6 h.
Le moins : peut irriter, coût qui s'accumule, déchets.
Jetable
Tampon
Invisible, pratique pour la piscine. Il existe des tailles « mini » adaptées aux débuts.
Vigilance : 6 h maximum, jamais la nuit entière, jamais en dehors des règles. Risque de syndrome de choc toxique.
Réutilisable
Coupe menstruelle
En silicone médical, elle recueille le flux au lieu de l'absorber. 6 h maximum, jamais la nuit. Sport et piscine possibles. Elle dure jusqu'à 5 ans, zéro déchet.
Le moins : le pliage s'apprend (souvent quelques cycles), il faut la stériliser 5 min dans l'eau bouillante avant et après chaque cycle, et avoir un point d'eau pour la rincer. Même vigilance choc toxique que le tampon.
Taille S20 mL, idéale pour débuterTaille M30 mL, flux plus abondant
Réutilisable
Culotte menstruelle
Rien à insérer, rien à sentir, ça ressemble à une culotte normale. Jusqu'à 12 h selon ton flux. Idéale la nuit, en cours, en voyage, et aussi les jours de pertes blanches. Existe de la taille 12 ans au XXL.
Le moins : il faut la laver et la faire sécher à l'air libre, donc en avoir 3 ou 4. Pas de piscine avec.
Flux moyenjusqu'à 20 mLFlux abondantjusqu'à 30 mL
Ce qu'il y a dans une culotte menstruelle
Elle ressemble à une culotte normale : tout son cœur technique est caché entre deux couches de coton bio.
Contre ta peau : du coton bio, doux et respirant, rien d'irritant.
Au cœur, deux couches techniques : une couche absorbante, fine mais qui retient l'équivalent de plusieurs tampons sur une journée, et une couche anti-fuite, pour que rien ne passe sur tes vêtements.
À l'extérieur : à nouveau du coton bio, comme une culotte classique.
Le tout ne fait que quelques millimètres : ça ne se voit pas sous un jean, ça ne fait pas de bruit et ça ne bouge pas quand tu marches.
Coupe ou culotte : les gestes qui comptent
Avant la première fois : lave ta culotte avant de la porter. Stérilise ta coupe 5 minutes dans l'eau bouillante, sans qu'elle touche le fond de la casserole.
Lavage de la culotte : rinçage à l'eau froide jusqu'à ce que l'eau soit claire, puis machine à 30 °C (40 °C maximum) avec une lessive douce, dans un filet si possible. Pas d'adoucissant, pas de savon de Marseille, pas de sèche-linge, et ne la tords pas.
Retirer la coupe : pince la base pour supprimer l'effet ventouse, puis tire doucement. Ne tire jamais sur la tige seule. Elle ne peut pas se perdre dans ton corps : si tu n'y arrives pas, détends-toi, accroupis-toi et pousse comme pour aller aux toilettes.
Jamais deux protections internes en même temps (tampon + coupe). Coupe + culotte en sécurité, oui.
Tu as un stérilet ? Parles-en à ton médecin ou ta sage-femme avant d'utiliser une coupe.
Le syndrome de choc toxique, en 30 secondes
C'est rare mais grave, et lié aux protections internes (tampon, coupe) gardées trop longtemps. Ne dépasse jamais 6 h, ne dors jamais avec un tampon ou une coupe, lave-toi les mains avant chaque manipulation.
Si pendant tes règles avec une protection interne tu as de la fièvre soudaine (plus de 39 °C), des vomissements, de la diarrhée, des vertiges, une éruption rouge comme un coup de soleil : retire la protection, garde-la si tu peux, et appelle le 15 ou consulte un médecin immédiatement en précisant que tu as tes règles avec une protection interne. Les culottes menstruelles et les serviettes ne présentent pas ce risque.
Cours, boulot, sport : la vraie vie
Le sport pendant les règles
Rien n'est interdit. Bouger réduit même souvent les crampes en libérant des endorphines. Si tu n'as pas d'énergie, écoute-toi : marche, yoga, étirements. Si tu en as, fonce. Pour la piscine : tampon ou coupe (l'eau ne « rentre » pas, mais elle ne bloque pas le flux non plus).
Le kit de secours
Dans ton sac de cours, de fac ou de boulot, en permanence : une protection, un antidouleur si tu en prends, une culotte de rechange les jours à risque. Ça règle 90 % du stress. Et si tu es prise au dépourvu : demande. Franchement, demande. Une prof, une collègue, une camarade, l'infirmerie, la BU : tout le monde a compris.
Si le budget est un problème
La précarité menstruelle touche des centaines de milliers d'étudiantes en France : devoir choisir entre manger et se protéger, ou faire durer une protection trop longtemps. Ce n'est pas honteux, et il existe des solutions : distributeurs gratuits dans beaucoup d'universités et de CROUS, associations locales, services de santé universitaires, et depuis peu le remboursement en pharmacie (juste en dessous). Elia est engagée sur ce sujet depuis ses débuts, c'est aussi pour ça que cet espace existe.
Lire une page, c'est bien. Comprendre son cycle à soi, c'est autre chose : ça demande du temps et des repères. C'est le rôle de My Elia, l'application gratuite d'Elia.
La formation cycle
Des modules courts et progressifs, à faire à ton rythme depuis ton téléphone : anatomie, hormones, phases, douleurs, protections, ce qui doit alerter. Pas un cours magistral : des leçons de quelques minutes, avec des explications concrètes et validées.
Le suivi de cycle
Tu notes ce que tu vis en quelques secondes par jour. L'app fait le reste :
Prédiction de tes prochaines règles : plus de mauvaises surprises en plein contrôle ou en voyage.
Repérage de ta phase du jour, avec ce qui explique ton énergie et ton humeur.
Détection de tes patterns sur plusieurs mois : tes migraines, ta fatigue, tes douleurs, et à quel moment du cycle elles reviennent vraiment.
Suivi du flux et des protections, avec un score qui aide à objectiver un flux abondant.
Un compte-rendu à montrer au médecin : infiniment plus utile que « euh, j'ai mal des fois ».
Rappels et notifications avant l'arrivée de tes règles ou de ta phase SPM.
Un espace bien-être : exercices de respiration, étirements et routines adaptés à chaque phase.
Et la confidentialité ?
Tes données de santé sont personnelles. My Elia est développée en France, hébergée en Europe, et tu peux supprimer ton compte et l'ensemble de tes données à tout moment depuis l'application.
Ta culotte ou ta coupe Elia remboursée en pharmacie
C'est une première en France : à partir du 1er octobre 2026, l'Assurance Maladie prend en charge les culottes et coupes menstruelles réutilisables référencées. Et Elia fait partie des marques officiellement référencées, son dossier ayant été validé par la Direction de la Sécurité sociale le 20 août 2026.
Qui est concernée :
→ Toutes les personnes de moins de 26 ans, sans condition de revenus : l'Assurance Maladie couvre 60 % du prix, la mutuelle peut prendre le reste.
→ Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d'âge : prise en charge à 100 %, rien à payer au comptoir.
Comment faire, concrètement :
Rends-toi dans une pharmacie : le remboursement ne fonctionne qu'en officine, pas en ligne ni en grande surface.
Demande une culotte ou une coupe menstruelle Elia en précisant que tu veux un modèle remboursable. Si la pharmacie ne l'a pas en stock, elle peut la commander.
Présente ta carte Vitale. Pas besoin d'ordonnance si tu as moins de 26 ans ou la C2S.
Tu repars avec ta protection, en tiers payant : tu ne paies que la part éventuellement non couverte.
Culotte flux moyenAbsorbe jusqu'à 20 mL, jusqu'à 12 h. Pour la plupart des jours de règles.Culotte flux abondantAbsorbe jusqu'à 30 mL, jusqu'à 12 h. Pour les premiers jours et la nuit.Coupe taille SJusqu'à 20 mL, 6 h maximum. Pour une première coupe ou un flux léger à moyen.Coupe taille MJusqu'à 30 mL, 6 h maximum. Pour un flux moyen à abondant, si tu as l'habitude des protections internes.
Tu hésites ? Pour la culotte, le pharmacien prend ta taille au-dessus du pantalon et t'aide à choisir ton flux. Pour la coupe, le premier critère n'est pas ton flux mais ton anatomie : il t'aide aussi à choisir entre S et M.
Les limites à connaître
La prise en charge est plafonnée à 2 produits réutilisables par période de 12 mois, et s'applique sur un tarif de référence de 19 € par culotte. Seuls les produits inscrits sur la liste officielle du ministère de la Santé (critères de qualité, absorption, absence de substances nocives, certification Oeko-Tex Standard 100) sont éligibles. Attention aussi aux confusions : aucune marque n'est remboursée avant le 1er octobre 2026 : être référencée et être remboursable sont deux étapes distinctes.
Deux culottes couvrent déjà l'essentiel d'un cycle si tu les alternes : pour beaucoup de moins de 26 ans, se protéger correctement peut désormais coûter presque rien.